lundi 22 juin 2015

Bondy, suite et fin

Travail sur la posture avec les jeunes de la MAO (Musique Assistée par Ordinateur)


Travail sur la posture avec les jeunes de la MAO
(Musique Assistée par Ordinateur)
collage de l'exposition "Métamorphoses" sur les parkings de la Sablière par et avec les enfants ©Fabrice Singevin/ICF Habitat
collage de l'exposition "Métamorphoses" sur les parkings
de la Sablière par et avec les enfants


Journée/évènement sténopé au parc de la Mare à la Veuve

collage de l'exposition "Métamorphoses" sur les parkings 
de la Sablière par et avec les enfants. ©Francis Jolly

collage des récoltes dans les halls de la Sablière ©Francis Jolly 
photographies avec le groupe ASL

Voir le travail sur le blog : http://fauxamis-bondy.blogspot.fr

vendredi 19 juin 2015

Muze

Une belle publication dans le magazine Muze du mois de juin de quelques images de notre série Powerhouse.


Un grand merci à Karine Modeste.
Powerhouse, une commande de FIP pour les 75 ans du label Blue Note. Découvrir la série complète ici.

Le chemin des réfugiés

Découvrir la série Le chemin des réfugiés.
18 photographes/15 pays
Benjamin Mengelle  
"Melilla" - Espagne
http://hanslucas.com/bmengelle/photo/2632
Les photographes de Hans Lucas vous emmènent sur le chemin des réfugiés du Maroc,en Sicile, en Grèce, en Espagne, en France mais aussi de l'Algérie, au Népal, en Jordanie, en Ukraine, en République Démocratique du Congo et au Kurdistan pour vous faire découvrir le quotidien des millions de réfugiés déplacés dans le monde mais aussi l'Odyssée de ces voyageurs prêts à tout pour fuir la guerre et rejoindre l'Europe pour un avenir meilleur.

Les enfants, premières victimes des évacuations de campements romps

Lucie Pastureau a fait un reportage sur des familles romps à Hellemes pour Le Monde la semaine dernière.

Après avoir été expulsées par la police le mercredi 3 juin du camp qu'elles occupaient depuis 5 ans pour certaines, près du chemin Napoléon à Hellemes, une partie des familles Roms s'est réfugiée dans une zone en friche à Villeneuve-d'Ascq. Leurs caravanes et leurs affaires ayant été confisquées, ils se cachent dans une dizaine de tentes données par l'association Areas, sans eau ni éléctricité. Les enfants en grande partie scolarisés ne peuvent plus aller à l'école, par peur de ne pas retrouver leurs parents le soir. Des bénévoles de plusieurs associations (dont ATD Quart Monde, Atelier Solidaitre, collectif Roms lillois, Les enfants de Don Quichotte)  ainsi que quelques représentants politiques au niveau communal et régional se mobilisent et leur apportent nourriture, chaussures et tentent de trouver des solutions à long et court terme.

Vous pouvez voir le reportage sur Le Monde ici, et le reportage complet sur Hans Lucas.








Un grand merci à Lucie Soullier, journaliste et Gabriel Coutagne, rédacteur photo de la rubrique web.

lundi 15 juin 2015

L'écho des pierres


Deux écritures in situ inspirées de l’histoire de ces villages de Seine et Marne, d’après le récit des habitants :

« J’ai eu plus d’un coup de foudre ». Lettres en bois - 850x480x150 mm -, panneaux de bois aggloméré OSB, tasseaux, peinture blanche. 
Touchée par la foudre à plusieurs reprises, incendiée, l’église de Paroy est toujours debout. 
«J’ai rêvé d’un palais de sucre». Lettres - 700x500 mm - tracées à la peinture écologique biodégradable sur façade à l’aide de pochoirs. 
Maison abandonnée, jouxtant une ancienne sucrerie désormais désaffectée. Cette usine était le moteur d’activité de la région, et nombreux sont ceux qui se souviennent de l’odeur de caramel qui flottait autour.
Projet réalisé dans le cadre de la résidence-mission mené par le collectif en 2014 en Seine-et-Marne.





L'écho des pierres
Sophie Pasquet, photojournaliste et chroniqueuse


Bien sûr que les pierres crient. Elles se rient du vent, reprennent des couleurs au soleil, explosent avec le gel, pleurent l’humidité, s’impatientent sous la mousse et les crépis…  Elles aussi sont marquées par le temps qui passe et engrangent des secrets. 

A Paroy, c’est l’Eglise qui a chuchoté son histoire. Elle a transformé la foudre et les flammes qui l’ont blessées en un joli pied de nez qui sonne comme un désir d’avenir.


 A Bray-sur-Seine, la vieille bâtisse a confié ses rêves de devenir palais. Comme tous les habitants ici, elle porte le souvenir de l’odeur de l’usine de bonbons toute proche, légèrement envoûtante, un peu entêtante ; celle qui a un jour fermé ses portes, mettant la ville au régime sans sucre.



Ces tags géants sont comme la première phrase d’une histoire, sa promesse. A chacun de réaliser le voyage s’il le désire. On peut se raconter la suite à sa guise, se laisser embarquer par le jeu des mots, s’émerveiller de cette fantaisie dans le paysage, ce dérèglement poétique du réel, comme un joyeux décalage. « Tiens des pierres qui parlent ! ». On peut aussi avoir envie d’en savoir plus et de questionner ceux qui ont la clé du jeu. Ces « incipits » sont aussi une invitation à se déplacer dans le paysage pour voir jusqu’où portera l’écho des pierres.


Pour les installer, il a fallu aussi mesurer, évaluer, s’adapter au terrain, prendre le pouls des murs, fabriquer, découper, nettoyer, peindre… Comme un corps à corps amical et attentif aux éléments et à la matière. Et aussi accepter que  tout ceci se patine, se transforme et peut-être disparaisse avec les intempéries. Ils sont une incitation à écouter les pierres, leur âme, leur mémoire, à se souvenir, à imaginer et à rêver. La force de  la poésie et l’humilité de l’engagement. Car faire parler les murs est toujours un mélange des deux.




Un grand merci à Sophie Pasquet pour son texte. Pour voir son travail, c'est ici!




Formation

Nous animerons une formation en mars prochain à la MGI autour de la photogrammétrie et du souvenir.


Les Lecteurs à Séoul

Les Lecteurs sont exposés en ce moment à la Galerie Dorossy Salon à Séoul. Un grand merci à Eunshin Lim et ses collègues pour cette belle exposition!






Il y a également une jolie publication dans la revue coréènne Chaeg.





photographies : ©dorossy salon / collectif Faux Amis/ Hans Lucas

lundi 1 juin 2015

Bondy/fin de résidence

Du nouveau à Bondy, et c'est déjà bientôt la fin!
Ici pour voir suivre le projet.






vendredi 10 avril 2015

Le cœur c'est pour l'amour

Un grand merci à Jeanne Mercier !
"Je faisais des recherches sur le benzène, au CNRS. Comme n'importe quel corps, ça peut être solide, liquide ou gazeux. Une blouse blanche ? Oui peut-être, je devais en porter une."

Que reste-t-il de ces beaux jours
un texte de Jeanne Mercier, critique et fondatrice d' Afrique In Visu
En regardant ces images, une célèbre chanson ressurgit de ma mémoire : « Que reste-il de nos amours » de Charles Trenet (1942).
« Que reste-t-il de nos amours
Que reste-t-il de ces beaux jours
Une photo, vieille photo
De ma jeunesse
Que reste-t-il des billets doux
Des mois d'avril, des rendez-vous
Un souvenir qui me poursuit
Sans cesse »

"Les poupées, les robes, le tricot, ça me plait. 
Tout ça c'est rangé dans le grenier chez moi là bas.
Les enfants veulent pas que j'y monte. Ma mère tricotait aussi."

A travers ces mises en scènes oniriques, nous plongeons dans un autre temps, celui des beaux jours. Ce sont des morceaux de mémoires, de lointains souvenirs qui poursuivent les personnes photographiées.
Touchante, parfois surréaliste, chaque image livre les bribes d'un souvenir. Comme par magie, les photographes tirent les ficelles et remontent le temps. Le spectateur déambule dans cette galerie de portraits où se côtoient des gestes anodins, des minuscules plaisirs : un cartable rempli de confettis, des multitudes de mappemondes ou encore le rouge à lèvre « rouge baiser ».

"J'étais motard dans la gendarmerie, motard acrobate. À l'occasion des visites officielles, des fêtes, on faisait des démonstrations. On portait des gants et un casque blanc, des lunettes. L'équilibre, c'était très important, on s'entraînait tout le temps."



Je me demande alors quel souvenir surgirait de ma mémoire si les Faux-Amis venaient à ma rencontre : L'odeur du maquis corse et le tarmac de la ville de Calvi, la première fois que j'ai pris l'avion pour retourner chez moi ou encore mon arrivée à Bamako, le son et les couleurs de cette ville. Oh non, plutôt ma photographie préférée ! Mais il y en a tant qu'on devrait recouvrir un mur entier. Ce dont je suis sûre c'est qu'il y serait sûrement question de voyages, d'odeurs et de couleurs.

"Quand je me suis retrouvée enceinte, j'ai préparé le trousseau pour le bébé.
 Mais j'en ai eu deux, des jumeaux ! À l'époque, on ne pouvait pas savoir
 à l'avanceDonc il y en avait un qui était tout nu et on a dû tricoter pendant 
des jours avec ma mère pour rattraper notre retard."

En attendant, je continue de contempler ces histoires délicieuses tout en fredonnant la ritournelle de Monsieur Trenet. J'ai comme l'impression de voyager dans le temps

"Mon mari était garde-chasse. On marchait beaucoup et on faisait 
de grands repas. Il dépeçait un cerf ou une biche, moi je cuisinais. 
Je faisais cuire parfois sept rôtis en même temps, il y avait 40, 
50 personnes. Certains étaient très gourmands, ils se resservaient.
Les bois du cerf étaient tirés au sort."

Les jungles de Calais, un reportage pour Le Monde de Lucie Pastureau

"Fort Galloo est une usine désaffectée. Le lieu a été ouvert par les No Borders (« sans-frontières »), les plus politisés des soutiens aux migrants. Aujourd’hui sous le coup d’un jugement d’expulsion, l’usine se vide un peu plus chaque jour. Quelques artistes y passent encore…"Maryline Baumard

Près de 2 000 migrants vivent aujourd’hui à Calais. Ils stationnent dans la ville en attente d’un passage en Grande-Bretagne, un pays situé hors de l’espace Schengen dont ils rêvent de forcer les frontières, cachés dans un ferry ou un camion.

Alors que la survie de ces migrants repose sur le travail associatif mené à Calais depuis 1999, le gouvernement français a décidé à l’automne dernier d’offrir quelques services dans un centre en périphérie de la ville. Le centre Jules-Ferry ouvre progressivement ses portes, le jour seulement. Pour la nuit, les migrants sont désormais priés de s’installer sur la lande voisine. Dix-huit hectares sans eau, sans sanitaires, dans des abris de fortune. Ainsi va la vie calaisienne des Afghans, Soudanais ou Erythréens… 

Photos : Lucie Pastureau/Hanslucas « Le Monde », textes : Maryline Baumard


"Tioxyde… C’est le nom d’une usine américaine. C’est aussi celui du plus grand camp de la ville de Calais. A Tioxyde, un gymnase abrite depuis plusieurs années les femmes et les enfants. Aujourd’hui tout le monde est parti, de peur d’être violemment expulsé par la police."Maryline Baumard


"Des Erythréens construisent une église. Dans ses locaux le Secours catholique a conservé les objets de culte durant le grand bazar du déménagement. Quand l’église aura ses murs en bâche noire, les associatifs apporteront les objets sacrés. A quelques centaines de mètres, des Afghans construisent, eux, leur mosquée avec les mêmes matériaux."Maryline Baumard


"Derrière, il y a l’autoroute qui mène au tunnel et à la Grande-Bretagne. Surveiller les ralentissements de camions pour tenter sa chance en se cachant au milieu d’un chargement est une des occupations principales du Calaisien d’adoption. Se faire couper les cheveux, c’est déjà croire au futur. Parier qu’une nouvelle vie est possible. "Maryline Baumard.


Un grand merci à Maryline Baumard, Marie Lelièvre, Antonin Lainé et Gabriel Coutagne de l'équipe du Monde. Merci à Wilfrid Estève.

vendredi 27 mars 2015

Cortex

Photogramétrie, captures d’écrans d’espaces virtuels.
Des habitants ont posé pour des prises de vues 3D, dans un lieu évoquant un souvenir. Le paysage se transforme, se désagrège à la prise de vue. Des morceaux viennent à manquer, à l’image d’une mémoire sélective se focalisant sur l’essentiel. 


PRETTY PICTURE, texte de Sarah Balcon
Il a l’air suspendu entre la vie et la mort dans ce liquide amniotique bleu, cet écrin à la trame grossière, tel un foetus dans un ventre. Figé, immobile, car seule la caméra tourne et se déplace autour de son sujet, objet absorbé par le décor qui l’entoure.
C’est la naissance de ta mort. c’est la dentelle de ta mémoire, l’éponge gonflée de ton cerveau malade, le tissu ajouré de ton coeur transpercé. c’est la vie qui coule et s’écoule dans tes tuyaux, c’est la gravité qui t’attire, c’est tes cellules qui éclatent sans bruit, papier à bulle que l’on craque avec joie entre deux doigts
c’est ta chute dans le vide, dans l’infini low fi . mais tu rebondis sur la pulpe dure d’un morceau de corps non identifié (le coup de pied?) et jaillis à nouveau dans l’univers immense.





(il y a des accrocs dans la pretty picture, dans le ciel bleu, dans la dentelle de tes mémoires)
Tu es à la fois ce vaisseau solitaire qui s’éloigne, à ton rythme tranquille, de plus en plus loin des autres; et ce petit tas de chair sur ton petit morceau de terre. pré carré, et souvenir chéri, carré de terre, pierre polie, des fulgurances rares, clin de lumière dans tes nuits noires, illuminent par à-coups tes tunnels sombres. tu veux que je te raconte mon grand moment? oh oui prend note je t’en prie, que je ne meure pas tout à fait.


Et je tente de comprendre le sens de ma présence ici je vais chercher, rebuts et coquillages et bouts de verre colorés, sur la grève, apportés par la marée à la merci de ses cadeaux jolis et empoisonnés, des bribes de réponse brindille après brindille je fais le nid de mes croyances les évènements me malmènent et mon nid s’envole à tous vents les évènements se gâtent et me consolent, et la peur au ventre à l’idée qu’elle me soit retirée, je jouis quelques instants de cette richesse. je polis ce souvenir ensuite, je le raconte, le transforme, il tourne et tourne dans ma poitrine, et devient brillant comme une pierre révélant tous ses détails, ses couleurs. il fait cette petite musique qui est la mienne, qui m’anime et me fait reconnaitre des autres quand ma planète en croise une autre, s’y arrime pour quelques instants je tinte, je tintinnabule de ce récit, mon récit fondateur, mon mythe.





mardi 17 mars 2015

Hallucinose


    Un texte de Paul Hadrien, photographe et auteur
Hallucinose, série photographique du collectif Faux Amis



Gravir, dissimuler, confondre.
Le cœur est de pierre. Il bat dans le silence du mouvement, il déconstruit le mouvement, aveugle.
Le temps ne compte pas, il n’a aucun sens.
Est-il possible d’atteindre, de pénétrer ce qui semble clos, recouvert, gardé de toute intrusion?
Ce qui semble clos... c’est-à-dire : toutes les voies sont possibles.
Nous nous voyons nous-mêmes, 

en deçà et au-delà.
Où est la limite ?




Le possible et le réel 1. L’ordre et le désordre. L’intuition.
Un physicien et un mathématicien annoncent :
« Nos intentions causent des effets dans le futur qui deviennent les futures causes d’un 

effet dans le présent » 2.
Le temps ne compte pas, il n’a aucun sens. Il ne décompte pas notre chemin.






Je sens le doigt que j’ai perdu.
Je vois l’invisible derrière la haie.


« Nous découvrîmes (à une heure avancée de la nuit cette découverte est inévitable) 
que les miroirs ont quelque chose de monstrueux. » 3



Je sens vibrer le fossile, l’os de pierre, la trace :
le signe du passé devient l’ordre, la simplification des voies.


Le possible et le réel.
L’intention est déjà le réel.
L’oeuf est BRISÉ avant qu’il ne tombe.
Nous attribuons des intentions.
Purpl... est sans Deep.
La tempête est passée.
Ceci n’est pas une 2cv.

Un jeu d’enfant.
Fabrication d’un cadre de mémoire.






Gravir, dissimuler, confondre. Miroir. Abîme.
La photographie est aussi hallucinose temporelle.
Un ordonnancement dans le désordre.
Ou plus simplement la création du facteur Temps.








1 Henri Bergson, «Le possible et le réel», dans La pensée et le mouvant, ed. PUF, 1934.
2 Jacques Vallée, sur le travail de Philippe Guillemant dans Conférence TEDx, «Une théorie de Tout (le reste)» , Bruxelles, 2013.
3 Jorge Luis Borges, «Tlön Uqbar Orbis Tertius» dans Fictions, ed. Gallimard 1957.